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Résumés des contributions écrites en langue arabe
1/ Suad Ibrahim Ahmed, Education et Révolution
La contribution Suad I. Ahmed dans ce numéro de Respect
est le thème d’une conférence-débat présentée à l’Université Ahliyya à Omdurman (Soudan) le 4 juillet 1996.
Pourquoi l’éducation ? Par cette interrogation, l’auteur aborde le lien entre révolution et éducation. L’éducation est l’une des formes d’organisation du partage du travail dont la mission est de transmettre le savoir aux jeunes générations et les préparer à entrer dans la vie active. C’est également le moyen le plus efficace pour promouvoir le processus du développement économique.
Dans une société de classes, l’éducation et l’un des domaines les plus importants de lutte sociales ; et cela conduit à la question suivante : est-ce que l’éducation est neutre ? L’auteur nous précise que l’éducation, dans la vie réelle et à travers l’Histoire humaine, n’était jamais neutre, car elle est étroitement liée aux classes dominantes. Pour établir une vraie démocratie en éducation, il faut que l’accès à l’éducation primaire et secondaire soit à la portée de tous sans aucune contrainte, et que l’éducation supérieure devienne possible à tous ceux qui y aspirent.
Malgré les prétentions des gouvernements successifs, seulement une minorité privilégiée bénéficie de l’éducation réglementée. Or, la situation c’est aggravé depuis l’arrivée au pouvoir du Front national islamiste. Environ 50% des enfants soudanais ne sont pas scolarisés, soit parce que il n’existe pas d’école dans les zones où ils vivent, soit en raison des coûts très élevés après que l’Etat ait mis fin à la gratuité de l’éducation. Cette situation a aggravé les inégalités sociales, et le nombre d’analphabètes a atteint 18 millions de personnes, et peut-être plus.
La démocratie de l’éducation est d’offrir à tous les enfants des chances égales pour une éducation gratuite, sans distinction aucune fondée sur la race, le sexe, la religion ou toute autre raison. Elle signifie aussi imaginer et créer les moyens qui permettent aux pauvres, aux nomades et aux enfants des villages éloignés de poursuivre leur scolarité.
Les jeunes ont conscience que les trois dictatures qui ont régné sur le pays ont utilisé le système scolaire à des fins contraires au bien et à l’unité d’un pays diversifié sur les plans linguistique, religieux et ethnique. Mais, la dictature islamiste a dépassé toutes les autres en imprégnant l’ensemble du système scolaire de sa vision totalitaire. Ce qui a crée un climat qui étouffe la pensée critique et tue l’esprit créateur.
Cette politique n’est qu’une facette d’une politique globale dévastatrice qui déchire l’unité du pays, méprise sa diversité, détourne ses ressources au profit de ses partisans et monopolise les activités économiques, sociales et syndicales, pour s’approprier seul la prise de décisions sur tous les plans.
La seule voie pour révolutionner l’éducation est celle de l’établissement de la paix et du retour à la démocratie.
Suad Ibrahim Ahmed,
enseignante et spécialiste en éducation, a été le fer de lance dans l’élaboration de l’idée des études extra- scolaires et extra—académiques ainsi que
dans la création de l’Institut des études extra -académique dépendant de l’université de Khartoum.
Son but est de permettre l’accès à l’éducation et au savoir à tous ceux qui n’ont pas eu la chance de pouvoir poursuivre un parcours scolaire ou universitaire normal.
Elle a fondé la Fondation Soudanaise du Film. Elle est également une militante active dans le mouvement pour le développement des régions marginalisées, et plus particulièrement les régions habitées par les Nubiens, aussi bien en Nubie qu’à la Nouvelle Halfa, région à l’est du pays où les Nubiens ont été déplacés au début des années soixante.
2/ Mohamed Jalaal Haashim, Vers une méthode pour faire survivre le patrimoine soudanais : la culture nubienne comme cas d’espèce
L’auteur conclut ce travail en ces mots :
Nous avons essayé de dessiner dans cette recherche les limites des mécanismes de revivification du patrimoine soudanais en prenant la culture nubienne comme cas d’espèce. Nous avons adopté une méthode pratique s’articulant sur un processus réalisable permettant
la mise en œuvre de ce projet de survie.
Cette expérience se situe peut-être parmi les premières dans ce domaine. Par conséquent, nous ne pouvons pas prétendre qu’elle soit parfaite ni même proche de la perfection. Une lecture réfléchie et observatrice
peut montrer aux chercheurs ses défauts et ses imperfections. C’est cela que nous attendons
de cette recherche, qui
vise à inciter les chercheurs soudanais à adopter un approche méthodique vis-à-vis de la question du patrimoine culturel nubien
à dépasser cette étude et à combler ses lacunes.
Mohamed Jalaal Haashim est linguiste soudanais et chercheur dans le domaine des langues et des cultures soudanaises.
3/ Sidgi Kaballo, Démocratisation de l’éducation
Cet article étudie le concept de démocratisation de l’éducation sur trois niveaux :
1. Généralisation
la scolarisation des enfants en âge d’être
scolarisés
en rendant
l’éducation obligatoire et gratuite, et
accès à l’enseignement supérieur en fonction des
capacités de l’élève et non en fonction des moyens
financiers
dont
il dispose pour assumer ses frais de scolarité.
2.
Modification des
cours et programmes qui
permettrait
aux étudiants de développer
des
démarches méthodologiques
d’apprentissage et de recherche,
afin que les élèves, ainsi que les étudiants,
puissent, dès leur
plus
jeune age
apprendre la
relativité des faits et
la multiplicité
des approches et théories.
3. Démocratisation des établissements scolaires et supérieurs et de leur gestion.
L’article essaie de débattre des mesures et des politiques nécessaires pour accomplir les trois niveaux de la démocratisation dans l’enseignement scolaire et supérieur.
L’auteur estime que la démocratisation de l’éducation générale ainsi que l’enseignement supérieur doit comprendre aussi bien l’expansion horizontale des écoles que l’amélioration verticale de la qualité du contenu scolaire.
Cette démocratisation
se base essentiellement sur la gratuité de
l’éducation et sur la
répartition
égale
d’institutions,
bien
équipées
en matériels nécessaires pour enseigner et pour
apprendre et
dotées
d’équipes pédagogiques
qualifiés,
partout dans le pays. L’auteur suggère que les cours
et programmes de l’éducation scolaire
mettent
en valeur les capacités des élèves
pour mieux les préparer
à poursuivre leurs étude ou à entrer
dans la vie
active avec de
solides acquis théoriques et pratiques sur les plans
des apprentissage
et du savoir faire.
L’auteur estime aussi que la démocratisation de la
gestion des écoles doit être développée avec la
participation des conseils
de
parents d’élèves et
des
unions estudiantines.
L’article
suggère
que les conditions d’admission aux universités
soient basées
sur une vraie politique
qui repose
sur l’égalité des chances, et
aborde aussi
la question de la liberté de la recherche et de la
pensée dans les universités.
Enfin, il évoque
la démocratisation de la gestion de l’enseignement
supérieur et la participation des équipes
enseignantes
et
des étudiants engagés dans la société civile.
Sidgi Kaballo est économiste soudanais, juriste et militant des droits de l’Homme. Il vit au Royaume Uni.
4/ Yahya Fadlalla, Garang Deng Paul
Garang
Deng Paul fut l’une des victimes de l’application de
la Chari3a (loi
islamique)connue
sous
le nom de Lois de septembre, car mises
en application au mois de septembre (1983) par les
islamistes qui soutenaient alors le régime du
Général
Nemeiri
renversé par un soulèvement populaire en avril 1985,
survenu après l’application de ces lois.
Pendant la période transitoire qui a suivi le
soulèvement d’avril et précédé l’avènement du régime
démocratique,
l’auteur co-habitait
avec le dramaturge soudanais El Samani Lwal et
avec
un photographe allemand, Peter,,,,,,,,, qui prêtait
une grande attention aux victimes des lois de
septembre
et notamment à celles ayant subi
des amputations
pour
des vols mineurs
(certains étaient injustement jugés,
simplement
pour intimider les gens), et
qui
les
aidait
grâce à
ses relations avec
des
associations caritatives. Cela a permis à Yahya
Fadlalla
d’
établir des relations très proches avec certains
d’entre eux,
d’écrire leurs récits et
de
connaître de prés le déroulement de leurs vies après
leurs
amputations.
Garang Paul Deng fut l’une de ces victimes.
Yahya Fadlalla est dramaturge soudanais, nouvelliste et poète. Il vit au Canada.
5/Abdelatif Elfaki, Identité et oubli ontologique : Critique du discours unilatéral sur la question d’identité
Cette étude définit trois mondes
distincts : le monde de l’Histoire, le monde sacré
et le monde de la fantaisie qui, bien que dépendant des
règles respectives des deux autres mondes,
,
est dotée d’une spécificité qui lui est propre.
En d’autres termes, il serait impossible de traiter le
monde de la fantaisie en appliquant seulement les
règles de celui de l’Histoire.
Cela dit, le monde de la fantaisie
ne cesse de s’engager à reformuler des extases qui
présentent la fantaisie comme étant de l’Histoire.
Une telle prétention conduira à nier la réalité de
la diversité culturelle soudanaise.
On peut remarquer l’action
fantaisiste dans les appareils idéologiques de
l’Etat soudanais, plus particulièrement en pédagogie,
mass-media et législations. Elle transparaît également dans certains traits stylistiques du
langage quotidien. Cette fantaisie qui se veut une
alternative au monde de l’Histoire empreint le
discours de plusieurs intellectuels soudanais.
L’article tend à repérer la
contradiction qui fait de l’opposition Arabes/
Africains un fait naturel et historique. A
l’opposé de cela, l’auteur étudie cette
contradiction comme l’un des phénomènes des traits
stylistiques produits par le langage arabe monolingue.
Abdelatif Elfaki, Ecrivain soudanais. Il vit aux Etats-Unis |